Archives de catégorie : Patrimoine historique

Les monuments et constructions diverses à travers les âges de l’île

Des Peignes à Barr ar Gall

Toponyme breton Traduction
Île Plate
Île Morvil
Barr ar Gall Sommet, éminence de Le Gall
Bazinier ar Fank (Vank) Basses de la vase

(trois basses au nord-ouest des Peignes)

C’hwerzec Sant Uzeg
Dero (an)

Bazinier ar Waz

Les Chênes

Basses de la passe

Goumonenn an Dero Basse au goémon des chênes

(Très fort déferlement…)

Gribineg (Ar)

Beg ar Grib

Peignes (Les)

Pointe du Peigne

Gwaz Toull ar Stank (Staon – Stang) Passe de Toull ar Stank
Jezequel (Enez)
Kastell Vran Le corbeau
Mean Kaezh
Merkou Baz Basse des Marques
Toull ar Stank Trou de l’étang

(Passe de pleine mer entre l’île-Grande et Kastell Bihan)

Wigour (Ar)

L’île d’Aval

L’île d’Aval, située à l’est de l’île-Grande, est un havre de paix de 6 hectares.

Que l’on se trouve sur la corniche au niveau de Kervegan ou à Penvern, elle attire le regard.

En passant le pont de l’île-Grande, l’île boisée apparaît près de la petite Île Mouton. Le ruisseau de Kerhuel qui les sépare fait de l’île d’Aval une île-grandaise (alors que l’île Mouton est trébeurdinaise).

À marée basse, elle est accessible à pied mais la parcourir est interdit car c’est une propriété privée.

Elle fut, jadis, propriété des châtelains de Kerduel en Pleumeur qui la vendirent en 1959. Elle change à nouveau de propriétaire en 2020.

Dans le Tome V de “Voyage en France, îles de la Manche et Bretagne péninsulaire”, Ardouin-Dumazet écrivait (à la fin du XIXème) :

“Autour du petit estuaire formé par le ruisseau voici Pen-an-Guern (1), Kermor-Hézan, Run-an-Guern, hameaux habités par des carriers venus de l’île-Grande.

Penvern (1)

L’exploitation de la pierre est l’industrie du pays, elle fait vivre des milliers de personnes.

A Pen-an-Guern, on traverse le petit cours d’eau (2) pour longer les rives d’une vaste baie… formée d’un sable résistant sur lequel les voitures peuvent passer pour aller chercher des pierres dans les diverses carrières.

(2) c’est le ruisseau de Kerduel, celui qui sert de limite entre les territoires de l’île-Grande et Trébeurden et sépare l’île d’Aval de l’île Mouton.

De la baie surgissent de nombreux mamelons rocheux qui, à haute mer, seront autant d’îles.”

Les plus importants sont l’île d’Aval et l’île d’Erch…

Aval, la séductrice, entre Histoire et légende.

L’île d’Aval

conte son histoire…   E

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Elle fut l’objet d’une bien surprenante découverte !

Pourquoi des squelettes ont été enterrés sur l’île d’Aval ?

Qui étaient-ils ? E

Pour en savoir plus sur l’île d’Aval, cliquez sur

“L”inventaire du patrimoine culturel en Bretagne, île d’Aval”  E

Archipel de l’île-Grande

Le petit pont de l’île-Grande

L’arrivée sur l’île-Grande est bien surprenante puisqu’elle est séparée de sa commune de rattachement administratif (Pleumeur-Bodou) par un petite partie du territoire de Trébeurden !

Pour accéder à l’île, il fallait un bateau ou traverser la grève à pied ou en voiture tirée par des chevaux. Ci-contre, extrait d’un journal local (Collection Hervé T.)

Depuis l’arrivée des normands des îles Chausey, l’exploitation du granite avait pris un tel essor qu’il devenait indispensable de pouvoir acheminer les pierres autrement que par bateau.

L’augmentation de la population et le développement des besoins, exigeaient de repenser l’entrée et la sortie de l’île.

Alexandre GODEL, patron-carrier d’origine normande,  réclama la construction d’une route et d’un pont. Photo : livre de P. Romée

En 1891, un projet de pont rattacherait à la côte ce petit bout de terre tant convoité !

De 1891 à aujourd’hui, voici son aventure résumée !

Extrait du Journal “Le Lannionnais”

N° 1 – 4 janvier 1891

L’adjudication au rabais se fait au moyen de soumissions cachetées, remises en séance publique. L’entrepreneur dont la soumission présente le rabais le plus considérable, est déclaré adjudicataire.

Il reste à en connaître la date de construction et le constructeur !

 

LE PONT

vers

1920

Il a subi des transformations après la seconde guerre mondiale.

1967

Grands

travaux

sur le Pont

(Collection Jacqueline B.)

Les travaux vus de loin sont pris de la rue de Puiz ar Moal

 

 

1974

La fontaine Saint Sauveur

La belle fontaine de granit se tient non loin du cimetière de l’île-Grande (où se trouvait autrefois la chapelle Saint-Sauveur E)

Une inscription difficilement lisible figure sur sa façade « 1665 » « Gaffric ». Celui-ci était Gouverneur de la fabrique (c’est-à-dire Administrateur de l’assemblée des clercs et laïcs, chargés de la gestion des biens de la communauté paroissiale).

Ardouin-Dumazet (journaliste) précise* que la niche de la fontaine renfermait une statue de Saint Yves devant laquelle chacun pouvait y faire ses dévotions. * «Voyage en France, îles françaises de la Manche et Bretagne péninsulaire (Tome V) 1893-1899 »

La niche de la fontaine renfermait une statue de Saint Yves.

Imaginons un peu…

A la dévotion se mêlaient les superstitions…

Comment procédait-on pour résoudre

  • le retard de marche d’un enfant : Il suffisait de tremper les jambes de l’enfant (trois lundis de suite) dans l’eau de la fontaine… il devait rapidement se mettre à marcher !
  • le bien fondé d’un projet de mariage : les deux amoureux s’agenouillaient sur la bordure de granit, l’un en face de l’autre et jetaient chacun un morceau de pain à la surface de l’eau… si les deux morceaux de pain se rejoignaient, alors, le mariage pouvait être envisagé sans crainte ! mais s’ils se séparaient… mieux valait renoncer au projet !

Sur cette ancienne photo, la route passe derrière la fontaine (en bas à gauche dans le virage). Le tracé de la route a été quelque peu modifié puisqu’elle passe désormais devant la fontaine !

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Les mystères de l’île Aganton

 

 

Deux croix antiques, sont les vestiges possibles d´un très ancien lieu d´inhumation…

 

Une chapelle serait enfouie sous la dune…

Comment expliquer  “le touchant symbolisme de la dévotion à Saint André” ?

Ce saint, qu’on invoquait contre la toux des enfants, avait une chapelle à l’île Canton, en Pleumeur-Bodou, et qui datait du temps que l’île était rattachée à la terre ferme avec le reste de l’archipel : la chapelle s’étant effondrée, on transporta la statue du saint dans une autre église du littoral ; mais il restait une croix dans l’île.

NB – Charles Le Goffic ignore donc qu’il y avait trois croix !

On continua d’y honorer le saint de la façon suivante : quand un enfant était atteint de coqueluche, on chargeait un pauvre de se rendre chez trois veuves de la paroisse et de quêter chez chacune un morceau de pain. Après quoi, le « pèlerin par procuration » se rendait à l’île et déposait sur le socle du calvaire les trois morceaux de pain en récitant trois pater et trois ave. L’oppression du petit malade diminuait aussitôt, quand elle ne cessait pas sur l’instant.

L’âme bretonne   E  (Charles Le GOFFIC – 1902)

Quant à Félix Le Dantec, voici ce qu’il rapportait :

“J’ai constaté récemment, chez mes voisins de campagne à Pleumeur-Bodou, une superstition vraiment intéressante au sujet de la valeur des mots.

Dans une île de la côte, l’île “Agathon” ou à “Canton”, a existé naguère un sanctuaire de Saint André (en breton Andréo) dont il reste encore quelques vestiges ; on y va en pélerinage pour la guérison de la coqueluche parce que le mot coqueluche :”dréo” précédé de l’article “ann” fait “ann dréo” qui se prononce comme le nom du saint.

Cliquez sur l’île ci-contre

pour retourner vers l’article “L’île Aganton ou Canton”

Agathon ? Canton ?

Il est bien compliqué de s’y retrouver entre les différentes appellations de l’île :

  • certaines semblent conserver une même origine bretonneAganthon“, “Aganton“, “Canton” ;
  • D’autres sont plus fantaisistes comme « à Canton » ou « du Canton »  ! Les géographes l’ont diversement nommée selon les époques et l’on ne peut se fier qu’à une retranscription approximative de son nom (les lieux leur étaient rapportés phonétiquement par des étrangers à la région qui, le plus souvent, n’avaient aucune connaissance du breton).

Agathon“, “Aganton“, Canton

Pourquoi ne pas faire un rapprochement

  • avec le nom de cette localité proche de Guingamp : Saint Agathon  (Zant Eganton en breton)

 “il s’agit du nom d’un saint ermite* du XIe siècle Winganton, dit “Gwéganton“, “Gwenganton” ou “Néganton“, qui aurait vécu dans les bois de Malaunay. “Patrimoine des Communes des Côtes d’Armor” Éd. Flohic (1998),

(* à ne pas confondre avec un pape du VIIe siècle né à Palerme)

  • ou avec Saint-Ganton (Sant-Weganton) qui a donné son nom à une commune du sud de l’Ille-et-Vilaine.

Au tout début du XIe siècle, les religieux bénédictins de l’abbaye de Saint-Méen fondent un prieuré sur le territoire de Pipriac (Ille-et-Vilaine).

Ce prieuré est placé sous le patronage de saint Gwenganton (abbé et restaurateur de Saint-Méen, de 1008 à 1040).

D’après le rapport de J.P. Pinot “L’évolution du littoral autour de la baie de Lannion et sur la Côte de Granit Rose”, 1993.

Le nom d’Île Aganton proviendrait de l’existence d’un lieu de culte dédié à saint Aganton, qui aurait été remplacé par une chapelle  E dédiée à Saint André, située selon les recherches du colonel Pérès, à l’endroit où subsistent aujourd’hui deux croix en pierre, en partie ensablées sous la dune, au milieu de l’île

Archipel de l’île-Grande

L’île aux Renards

Souvent appelée l’île Renard, il faudrait lui préférer le pluriel car les anciens la nommaient « Enez Lern ». (“Renard“, au singulier se dit « louarn » mais respectons la tradition…        reconnaissons que « lern » est le pluriel !). Cliquez, ci-contre, sur l’extrait du cadastre de 1819 

 

Elle est proche voisine de

l’île Canton (Aganthon).

Une étroite bande rocheuse

les relie.

L’intense extraction de granit dont elle fut l’objet (dès 1887) a défiguré son estran.

Les déchets de taille jonchent les rochers.

Dans sa partie la plus haute,

les ruines d’un abri de carriers

témoignent de ce passé.

Cliquez sur l’image

Dans le Tome V de “Voyage en France, îles de la Manche et Bretagne péninsulaire”, Ardouin-Dumazet écrivait (à la fin du XIXème) :

Voici ce qui se dit à ce propos…

Après quelques travaux rendant le bâtiment un peu plus habitable, un homme, sa servante et sa fille Micheline s’y installent sans donner à quiconque l’occasion d’y pénétrer.

Chaque fois que la marée le permet, la douce jeune fille rend d’aimables visites à quelques personnes âgées d’Enez Veur (île-Grande) ; selon le temps qu’il fait, elle choisit de passer à pied par le « Carpont » et Beg ar Staon, à moins qu’elle ne décide de traverser les grèves de Canton ou d’arriver par la Pointe de Crech al Lannic !

La servante se risque parfois jusqu’à Beg ar Staon où vivres, tabac et alcool lui sont livrés.

Nul n’a pu voir celui qui, par n’importe quel temps, se rend en bateau jusqu’à la redoutable roche « Ouerserez» où Ahès, la fille du roi d’Is, avait son palais et ses trésors.

Il a pour mousse le jeune Michel Saliou qui, terrorisé n’a jamais dit un seul mot sur celui qui l’embauche.

Mais un jour, alors qu’on n’y croyait plus, le jeune île-grandais Santic Costoëc revient au pays…

Et c’est ainsi que l’imaginaire breton nous emmène vers ce qui pourrait bien être réalité !

Bibliographie « Le Pirate de l’île de Lern » de Charles Le Goffic

L’archipel de l’île-Grande

Comment les îles se sont-elles formées ?

La proximité des îles qui entourent l’île-Grande constituent son archipel.

Nombreux sont les promeneurs et les pêcheurs à pied qui s’y rendent car elles sont, pour plusieurs d’entre elles, accessibles à marée basse.

Il y a 300 millions d’années…

Entre Trébeurden et Ploumanac’h, une poche de magma (roche en fusion), reste emprisonnée à 5 kilomètres de profondeur.

Ce magma, qui met des centaines de milliers d’années à se refroidir, se transforme en granit E (ses minéraux prennent la forme de « grains » visibles à l’œil nu).

Et pendant des milliers d’années…

Puis l’érosion accomplit son travail d’usure et de dégradation en mettant la roche à jour puis en modelant le paysage selon la robustesse des matériaux.

Le relief terrestre se transforme peu à peu : les parties les plus résistantes dominent celles qui ont été les plus vulnérables aux attaques de l’eau et des éléments météorologiques (température et vent).

Notre région a, dès lors, un aspect vallonné (collines séparées par des vallées très peu profondes).

Ces collines ont, à de nombreuses reprises, été entourées par la mer car le niveau des océans a beaucoup varié.

Les îles formées au cours des périodes tempérées

redevenaient collines terrestres pendant les périodes de glaciation.

Périodes glaciaires et interglaciaires

Depuis environ 3 millions d’années, le climat oscille entre périodes glaciaires et périodes de réchauffement (dites « interglaciaires »).

La Manche s’est donc, à plusieurs reprises, retrouvée asséchée.

Il n’y a pas si longtemps… (à l’échelle des temps géologiques !)  une épaisse calotte glaciaire a recouvert les îles britanniques. C’était la dernière période glaciaire, entre – 20 000 et – 15 000 ans.

Le niveau de la mer était de 120 à 130 mètres plus bas que le niveau actuel !  La limite terre-mer (le trait de côte) se situait bien plus à l’ouest qu’aujourd’hui. Hommes et animaux préhistoriques la traversaient (de nos côtes à celles de l’actuelle Grande-Bretagne) en n’ayant à franchir que ce « paléofleuve » que l’on nomme « le fleuve Manche ».

Puis le réchauffement climatique a fait fondre la glace et entraîné la lente montée du niveau des eaux.

Le fleuve a fait place à la mer,

les paysages se sont transformés,

les collines sont devenues îles …

Archipel de l’île-Grande