Archives de catégorie : Patrimoine historique

Les monuments et constructions diverses à travers les âges de l’île

Enez veur, paroisse ? Commune ?

1790 – La paroisse de Pleumeur-Bodou devient commune ! (Site InfoBretagne)

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Les île-grandais ne cessent de demander

que l’île devienne paroisse…

1792  –  La chapelle Saint Sauveur reçoit le privilège de la Sainte Réserve* et on peut alors y recevoir la communion. * La sainte réserve est le Saint-Sacrement conservé dans le tabernacle.

1830 –  Le 22 novembre, le recteur de Pleumeur-Bodou (M. Le Feyer) bénit de la cloche de la Chapelle Saint-Sauveur. L’usage veut qu’une cérémonie religieuse soit consacrée à la cloche, en présence d’un représentant religieux, d’un parrain et d’une marraine. On dit  « baptême », « bénédiction » ou « consécration » (si le rite des diverses onctions aux huiles saintes est accompli). Un nom est alors attribué à la cloche.

Première moitié du XIXe siècle, la population de l’île-Grande (qui fait partie de la commune de Pleumeur-Bodou et en dépend administrativement) voit sa population ne cesser de réclamer que l’île grande devienne une paroisse à part entière.

1842 –  La municipalité accepte la demande mais doit demander à l’autorité religieuse de décider… (Le concordat napoléonien de 1801 régissait, à l’époque, les rapports entre le gouvernement français et l’église catholique et ce jusqu’à la séparation de l’église et de l’état fin 1905).

Aucune décision ne fut prise jusqu’au début du XXe siècle…

1858 – Réfection de certaines parties de la Chapelle St Sauveur : découverte, sous la vieille boiserie peinte  de l’autel, d’un autre autel en pierre blasonné.

1878Dépôt, “dans une châsse” des ossements des défunts retrouvés à Aval. La châsse est enterrée dans le cimetière. (Nous ignorons, pour l’instant, ce que sont devenus cette châsse et les ossements.)

Au début du XXe siècle, la Chapelle Saint Sauveur  est très endommagée par un incendie dû à la foudre.

1909 – Construction, au bourg de l’île-Grande, de la chapelle, Saint-Marc (en remplacement de la Chapelle St Sauveur)..

1923 –  L’île devient paroisse … et la chapelle Saint-Marc du bourg devient église paroissiale.

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Les île-grandais

souhaitent obtenir leur autonomie

Bien que ses habitants aient souhaité une scission avec Pleumeur, l’île-Grande n’a jamais réussi à obtenir le statut de commune. (Voir, ci-dessous un article de journal de 1902)

1902

Louis ENO, île-Grandais, Conseiller Municipal à Pleumeur-Bodou, réclame que l’île-Grande soit érigée en commune tant elle est abandonnée par la municipalité de Pleumeur.

Journal « LE LANNIONNAIS »  du 16 mars 1902

« Cher député, nous sommes à l’île-grande 800 habitants déshérités de tout ; rien ne se fait pour améliorer la triste situation du pays : pas une rue, pas une route convenable pour nous desservir, pas une fontaine publique, pas un lavoir ; et il faut que les malheureuses lavandières décrassent leur linge dan une eau trouble, pourrie, infecte, pour ensuite le rincer chez elles. Aussi, on ne doit pas s’étonner des nombreuses épidémies qui nous accablent au milieu d’un air si pur cependant. Mais que fait-on donc de nos prestations ? Où s’en va la part de nos patentes et contributions revenant à la Commune ?

Quand on songe que pour baptiser un petit enfant qui vient de naître, il faut le transporter au bourg de Pleumeur-Bodou, à 6 kilomètres de l’île ! Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il glace ou qu’il vente, il faut que le voyage se fasse ! et les suites ? Qu’importe ! ! !

Voilà pourquoi, Monsieur le Député, nous vous demandons et cela dans le plus bref délai possible, que l’île-grande soit commune…

Nous pourrions avoir alors : notre église, notre mairie, notre municipalité et nos écoles laïques que nous sommes heureux de voir actuellement si prospères. »

La vieille chapelle st sauveur

Création, localisation et description

C’est au XVIe siècle qu’aurait été érigée une chapelle sur l’île-Grande si l’on en croit la gravure dans la pierre au-dessus de la porte de la sacristie “1563”

la Chapelle Saint Sauveur

« L’église actuelle a remplacé une chapelle jadis dans l’Ile Avalon et reconstruite à l’Ile Grande. »  Voir le site “Infobretagne”   à la page “Pleumeur-Bodou”).  Elle fut nommée « Chapelle Saint-Sauveur » car dédiée à Jésus-Christ que les chrétiens qualifient de « sauveur du monde ».

  1. Qui a eu l’initiative de cette construction ?

L’emplacement choisi fut celui de l’ancien cimetière de l’île.

Voici ce qu’a écrit Pierre Strnisté

“Nous pouvons considérer que la famille de Penhoët (ou Cheff-du-Bois) est la fondatrice, au XVe siècle de la dernière Chapelle Saint sauveur. ”

En 1858, lors de travaux dans la chapelle, un autel en pierre a été découvert sous l’autel en bois. Il portait un blason.

“… au cours de travaux dans cet édifice, l’autel de bois (qui recouvrait l’autel primitif suivant la mode introduite par les jésuites) fut démoli et laissa apparaître l’ancien autel (en granit rose de La Clarté) sur lequel était encastré un écusson (en granit bleu de l’île-Grande).

Cet autel se trouve aujourd’hui à la Chapelle Sainte-Anne de Trégastel, mais l’écusson en a été ôté.

L’ écusson représentait “d’azur au chevron d’argent accompagné de trois têtes de léopards d’or” et “d’azur à trois fasces de gueule“.

 

Il était entouré d’un collier, soit du Porc-épic, soit du Camail, ordres de chevalerie fondés l’un par le Duc de Bretagne, l’autre par le Duc d’Orléans.

A la suite de discussions (auxquelles Charles Le Goffic prit une part très active) et d’articles dans le “Fureteur breton”, ces armoiries furent identifiées par l’héraldiste E. de Bergeron comme celles d’un “Boiséon” (vraisemblablement Arthur de Boiséon, écartelées de celles d’un “Trogoff”.

NB-  Les détenteurs d’une chapelle avaient plusieurs possibilités légales de marquer leur possession… dont celui d’y placer leurs armoiries… à l’autel.

2. Où était-elle située ?

« En suivant les rivages de l’anse méridionale, on atteint bientôt, près de Rucornic, l’église Saint Sauveur paroisse de l’île. Elle est sur un ressaut de terrain au pied duquel coule une fontaine… » (Extrait de “Voyage en France « Îles françaises de la Manche et de la Bretagne péninsulaire » (Tome 5) Auteur HARDOUIN-DUMAZET – 1893-1899).

3. Une chapelle de style gothique

« L’édifice en croix latine était muni à l’ouest d’un clocher-mur* à deux logettes* surmontées de pinacles* »  –  Hardouin-Dumazet décrit la chapelle dans son ouvrage « Voyage en France « Îles françaises de la Manche et de la Bretagne péninsulaire » (Tome 5) – 1893-1899

La chapelle était surmontée d’un “clocher-mur” (photo ci-contre).

Celui-ci était percé de 2 logettes (compartiments) mais une seule d’entre elles abritait une cloche.

Les pinacles (sculptures en pierre) qui couronnaient ce clocher étaient de toute évidence ornés de fleurs comme le sont nos édifices religieux de style gothique de Basse Bretagne.

« L’église est une pauvre chapelle gothique avec des ex-voto* nombreux. »

Ex-voto* : « Goélette «  Saint-Marc » 1850 (Objets, plaques placés dans une église, une chapelle, en accomplissement d’un vœu ou en remerciement.)

«Elle renferme de curieuses statues et un Christ en bois, naïvement sculptés et bariolés, œuvres sans doute, des tailleurs de granit de l’île.»

Le sol est recouvert de grandes dalles funéraires.

 Au dehors, tout autour de la petite église dont la sacristie porte une inscription rongée laissant lire encore la date 1563, s’étend le cimetière rempli de grandes pierres tombales gravées.

En 1792, la chapelle reçoit le privilège de la Sainte Réserve* et on peut alors y donner la communion. (* La sainte réserve est le Saint-Sacrement conservé dans le tabernacle).

NB – Il faut remarquer que la paroisse de Pleumeur-Bodou n’est devenue commune qu’en 1790 !

En 1830, la cloche de Saint-Sauveur a été bénie le 22 novembre par Mr Le Feyer, recteur de Pleumeur-Bodou.

L’usage veut qu’une cérémonie religieuse soit consacrée à la cloche, en présence d’un représentant religieux, d’un parrain et d’une marraine. On dit  « baptême », « bénédiction » ou « consécration » (si le rite des diverses onctions aux huiles saintes est accompli). Un nom est alors attribué à la cloche.

Dans la première moitié du XIXe siècle,

L’île-Grande qui fait partie de la commune de Pleumeur-Bodou et en dépend administrativement voit sa population ne cesser de réclamer que l’île grande devienne une paroisse à part entière

En 1842, la municipalité accepte la demande mais doit en référer à l’autorité religieuse (Le concordat napoléonien de 1801 régissait, à l’époque, les rapports entre le gouvernement français et l’église catholique et ce jusqu’à la séparation de l’église et de l’état fin 1905). Aucune décision ne fut prise jusqu’au début du XXe siècle…

En 1858, des réparations permettent de découvrir, sous la vieille boiserie peinte de l’autel, un autre autel en pierre blasonné.

En 1878, les ossements des défunts retrouvés à Aval ont été déposés “dans une châsse” enterrée dans le cimetière. (Nous ignorons, pour l’instant, ce que sont devenus cette châsse etles ossements des tombes du cimetière.)

Au début du XXe siècle, la Chapelle est très endommagée par un incendie dû à la foudre.

La Chapelle sera remplacée en 1909 par l’église Saint Marc située au bourg de l’île.

Vestiges de la chapelle et du cimetière

Les pierres, l’autel, les statues, les dalles funéraires, les croix…

Les pierres

Elles ont principalement servi à la construction du mur du cimetière.

Certaines d’entre elles, et pas des moindres, ornent « Run Rouz », la maison de Charles LE GOFFIC

 « Point de perron ni de tourelle           Comme les manoirs en ont tous ;

C’est d’un vieux porche de Chapelle      Qu’on fit les lèvres de Run Rouz

Sur elles chaque jour projette             Ombre grise ou rayon doré

Et dans sa lande violette                      Puisqu’on entre chez le Poète,

Le seuil est doublement sacré »                                   Marie-Paule Salomon

Cette carte postale de Charles Le Goffic devant « Run Rouz » en Trégastel fait apparaître les éléments empruntés à la Chapelle.

Le balcon

Ses balustres

La petite croix

La façade actuelle, la porte d’entrée de Run Rouz (Charles Le Goffic pose devant) et la porte de la Chapelle

L’autel

L’ancien autel (en granit rose de La Clarté) se trouve aujourd’hui à la Chapelle Sainte-Anne de Trégastel.

Il s’agit de l’autel qui a été découvert lors des travaux de 1858 après que le bois qui le recouvrait ait été enlevé.

L’écusson qui y était encastré a disparu.

Les statues

« … de curieuses statues et un Christ en bois, naïvement sculptés et bariolés » : celle  de Saint-Marc, saint patron de l’île-Grande proviendrait de l’île d’Aval ; celle de Saint Sauveur, patron de la Chapelle et la Pieta sont désormais dans l’église Saint-Marc au bourg de l’île-Grande.

Les dalles funéraires

« Le sol est recouvert de grandes dalles funéraires ».

Une dalle funéraire est une plaque de pierre posée au-dessus d’une sépulture (dans le dallage d’un édifice religieux ou sur un mur), et portant en général un blason, une épitaphe ou une effigie gravée.

Les dalles funéraires pavaient le sol des églises et chapelles.

Deux éléments gravés sur le granit sont insérés dans le mur du cimetière. S’agit-il de dalles funéraires portant blason ?

Les croix du cimetière

 

Une croix du XVIIe, en granit, est dans une propriété privée de la rue de Rulosquet.       article salle virtuelle des Côtes d’Armor

Un calvaire, en granit, se trouve dans le cimetière de Saint-Sauveur. Il se compose d’un socle cubique (avec chanfrein) posé sur une marche. L’année 1598 est gravée à l’arrière du socle.

La croix monolithe (croix faite d’un seul bloc de pierre) est ornée d’un christ en croix sur une face et à son opposé, d’une vierge en prière.   Voir “inventaire du patrimoine culturel en Bretagne”

Histoires de lavoirs

Revendications bien légitimes

A une époque où l’île-Grande ne disposait d’aucun lavoir, le pénible travail des lavandières  est évoqué dans une supplique adressée  dans le

Journal « LE LANNIONNAIS »  du 16 mars 1902

par Louis ENO, île-Grandais , Conseiller Municipal de Pleumeur-Bodou

à Monsieur Le TROADEC, Député Républicain (Cliquez sur le lien)

Le sort de nos île-grandaises s’améliore un peu

La demande n’est pas entendue et l’île n’obtient pas son “autonomie”. Elle reste un “écart” de la commune de Pleumeur-Bodou.

Toutefois, les lavandières obtiennent deux lavoirs :

  • celui proche de Pors a Bago qui a grandement changé leur quotidien puisque d’une pauvre mare (voir photo ci-dessus) elles peuvent travailler dans un lavoir couvert
  • celui de Run Losquet (proche du marais)

Retrouvez-les en cliquant sur le lien “Il était une fois des lavoirs…”

Il était une fois des lavoirs…

Les lavoirs de Pors a Bago et Run losquet

Le lavoir couvert devant Pors a Bago n’existe plus.

Cliquez sur la photo ci-dessous pour l’agrandir

Que de changements depuis l’époque de la photo :

  • la fontaine Saint Sauveur a été déplacée,
  • le chemin de terre est devenu la “rue de Molène
  • et le lavoir, celui qui se trouvait devant Pors a Bago a été comblé pour faire place à de la pelouse.

Aujourd’hui, il n’en reste qu’un, celui de Runlosquet

La table d’orientation devant Pors a Bago pourrait être le point de repère pour continuer le chemin en direction du marais.

Après avoir longé le côté jardin des maisons de la rue du Port,

voici le lavoir  (Le sentier le sépare du marais).

Il daterait de la fin du XIXème mais l’endroit pourrait avoir été utilisé antérieurement ; on dit aussi qu’il aurait servi à rouir le lin…

Alimentation en eau douce

Deux sources alimentent en eau douce ses deux bassins accolés dont les dimensions, au total, sont de 7 m de longueur, 4 de large sur 50 cm de profondeur.

Un petit carré de pierres marque l’emplacement de l’une des sources.  

Une seconde source coule dans l’encastrement du mur de pierres sèches ; à cet endroit s’élevait une petite fontaine jusque dans les années 65.

Mais la petite fontaine a été démontée pierre par pierre. Un voisin, intrigué par le bruit s’est rendu sur les lieux le lendemain et n’a pu que constater le vol. Il a décidé de mettre à l’abri la très belle auge en pierre que les voleurs n’ont pu emporter ; elle est heureusement restée île-grandaise.

L’abandon du lavoir

Peu à peu la machine à laver a soulagé les maîtresses de maison.

Il y a une cinquantaine d’années, les lavandières ont abandonné ce lieu, somme toute convivial où se racontaient les joies, les peines et les potins.

Nombreux sont les île-grandais qui ont connu le lavoir “en activité”.

Lors des grandes marées, l’eau de mer l’envahit, des résidus de végétation surnagent.

L’entretien du lavoir

L’eau salée repart à marée descendante mais les déchets s’accumulent au niveau de l’évacuation qui assure mal sa fonction.

Puis l’eau douce des deux sources reprend peu à peu possession du lavoir.

Depuis environ 50 ans,  son entretien se fait de plus en plus irrégulièrement puisqu’il ne sert plus aux lavandières.

  • Vase et végétation l’envahissent.
  • Ses moellons de granit (du fond et des contours) sont par endroits disjoints.

Nettoyage du lavoir

Plusieurs membres d’une famille d’origine île-grandaise ont pris la décision, en août 2018, de nettoyer le lavoir afin de lui redonner son aspect d’antan.

Un quotidien régional a consacré un article à la généreuse équipe de bénévoles.

Pour lire cet article, cliquez sur le lien ci-dessous

“Un bain de jouvence pour le lavoir de Run Losquet”

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Toponymie et histoire de l’Ile Grande…

Monsieur Lavalette, auteur de ce mémoire, nous offre son étude approfondie du patrimoine île-grandais.

Il nous accompagne à travers ruelles et sentiers et commente ce qui constitue la richesse patrimoniale d’Enez Veur.

Un grand merci à l’auteur de partager ses connaissances et de mettre à notre disposition cette passionnante lecture.

Pour lire ce document en pleine page, il faut cliquer sur la partie du dossier comme indiqué sur le dessin ci-dessous :

Télécharger (PDF, 6.81MB)

 

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Dolmen ou Allée couverte ?

Elle apparaît, superbe, dès l’entrée du champ.

Âgée d’environ 4 500 ans, elle a traversé les âges … presque sans encombre.

Presque ?    Si les mégalithes ont pu souffrir, au fil des siècles,  des intempéries ils ont le plus souvent été endommagés par les hommes :

pillés pour les éventuels trésors qu’ils renferment,

détruits symboliquement (le culte aux pierres est sacrilège : dès 452, le concile de Nantes ordonne leur démolition ; bien plus tard, les mégalithes sont christianisés),

détruits en raison de la gêne qu’ils occasionnent aux cultivateurs dans leurs travaux agricoles,

démontés pour récupérer les pierres pour la construction, la voirie (dalles de couverture, orthostates, pierres des cairns) …

– et même fouilles anarchiques.

Afin de le protéger,  l’état fait établir des inventaires et des cartes du patrimoine mégalithique et crée le statut de « monument historique ».

Le 23 janvier 1956 le classement  « monument historique» de l’allée couverte de l’île-grande atteste de sa valeur patrimoniale.

Pour ne pas la confondre avec un dolmen, au moins deux indices sont à repérer

1er indice

L. 4,50 m,  l 2,50 m, Ép. 50 cm

L 3,50 m,  l 2,50 m, Ép. 25 cm

Plus d’une table de couverture permet d’affirmer qu’il s’agit d’une allée couverte « courte »  (par opposition à l’allée couverte « arc-boutée »

2nd indice

C’est l’emplacement de son entrée qui permet au visiteur de vérifier si elle mérite bien le nom d’allée couverte !

Un rapide tour d’inspection permet de constater qu’il est impossible d’y pénétrer latéralement. Par contre, à son extrémité une belle entrée (ouverte vers le sud-est)  incite à la visite.

Le second indice est trouvé !

L’entrée se situe dans l’axe de l’allée couverte.

Les allées couvertes apparaissent comme une évolution des dolmens : elles sont en général plus récentes et appartiennent au Néolithique final (fin de l’âge de la pierre polie).

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Pourquoi le granit île-grandais

Ils ont longtemps préféré

LE GRANIT DE L’ÎLE-GRANDE

ET SON ARCHIPEL !

En voyant le superbe massif granitique de Ploumanac’h, on se prend à rêver à la côte rocheuse d’Enez Veur avant l’extraction intensive.

MAIS POURQUOI DONC L’ÎLE-GRANDE ?

QU’EST-CE QUI A MOTIVÉ CARRIERS ET  BÂTISSEURS

À  PRÉFÉRER  SON GRANIT(e) ?

 

  1.  L’importance du gisement de granit : celui du littoral de l’île grande et de ses nombreux îlots inhabités (les contraintes sociologiques étaient quasi-inexistantes) ;

2. La facilité d’extraction : Sur l’estran, la roche est à l’air libre. L’effet des marées l’a débarrassée de son « perré » (arène granitique).  L’extraction peut ainsi rapidement commencer.  Sur l’île et les îlots, les roches sont à fleur de terre ;

3. Le grand nombre de mouillages* possibles car l’amplitude des marées est importante  ;* même si l’endroit est périlleux, les bateaux peuvent s’approcher de la côte pour charger les pierres

4.  La diversité des couleurs de ses roches : la palette de couleurs offre des teintes du blanc au gris, au bleuté, au bistre.

5. La qualité de la roche : homogénéité, résistance à l’écrasement, façonnable aisément : elle est utilisée en pierre de taille car la pierre est sans défaut ;

6.  L’existence de diaclases tantôt rapprochées (permettant d’obtenir de petits blocs), tantôt horizontales et suffisamment espacées (pour l’exploitation en gradins de blocs importants). Les fissures ne sont pas toujours visibles à l’œil nu mais les carriers, intuitivement, les devinent.

7. Le coût du transport de la pierre par voie maritime est, pendant des années, moins élevé que par la route.

Cela changera par la suite

et causera le déclin des carrières île-grandaises…

Depuis l’allée couverte de l’Île-Grande, quarante siècles d’exploitation du granite se sont écoulés.

À partir du XIIème siècle, les édifices religieux sont construits en granite. Les pierres  sont transportées par mer (Bricks, goélettes, gabares). Mais la navigation autour de l’île-Grande est périlleuse en raison des nombreux écueils.

En 1895 à la demande d’Alexandre Godel, un pont relie l’île à la terre.

Il faut attendre 1907 pour qu’un quai d’embarquement soit  construit à Saint Sauveur (par les carriers) et permette l’embarquement des blocs de granit, sur bateau.  Peu à peu les îles en sont pourvues.

Après la seconde guerre mondiale, un changement considérable s’opère dans la construction, la voirie et  les grands  travaux  routiers :

  • Le béton armé, le parpaing l’emportent sur la maçonnerie en pierre.
  • L’asphalte recouvre les pavés ; si  ceux-ci reviennent  peu à peu recouvrir les rues piétonnes, ils sont importés de l’étranger en raison de leur coût beaucoup moins élevé
  • Les bordures des trottoirs sont aujourd’hui en béton moulé !
  • Le granit, élément de décoration (éviers, tables de travail, cheminées, bancs,  est importé.

Le déclin des ventes de granit,  la concurrence, les normes de sécurité et d’environnement (contraintes d’urbanisme, de  protection de la nature…), les avancées sociales en matière de salaire,  de congés entravent grandement la capacité d’investissement des patrons carriers en matériel d’extraction de la pierre (la mécanisation a continué de progresser et les techniques se sont modernisées).

En  1989, l’activité d’exploitation du  granit cesse à l’Ile Grande (une seule exception sur l´île Agathon où elle continue encore peu  de temps).

C’est  en 1990 que ferme la carrière Roïc, dernière carrière de l’Ile Grande.

Quelques réalisations en granit île-grandais

Voici quelques réalisations qui comportent du granit de l’île-Grande et de son archipel (quarante siècles de production depuis l’allée couverte de l’Île-Grande)

L’allée couverte, les maisons, les croix, calvaires et fontaines, les murs de pierres sèches, la statue  du carrier, les stèles, l’église, le vieux manoir, le bâtiment de la  LPO,  mur du cimetière, les pierres tombales, les constructions sur les îles (enclos, cabanes  de carriers, forges, maisons de goémoniers,  quais), la balise de Karreg ar Gentil, le Pont de l’île-Grande.

La  Cathédrale de Tréguier et le Tombeau de Jean V,  l’Église et le Beffroi de Lannebert.

Le fronton du Palais de Justice, l’Hôtel de ville, l’Hôtel des Postes, le Théâtre, la Gare et l’Aqueduc de Saint-Brieuc ; l’École de Trébeurden.

Le viaduc de Lézardrieux, celui de Morlaix (granite de Canton).

Le phare de l’Ile Louët (en baie de Morlaix), les Héaux, le phare du Rosédo et  le phare du Paon à Bréhat, le phare de Nantouar en Louannec,  la  tour du phare des Triagoz.

Les quais du port de Perros-Guirec (granite de Canton), le port  de Tréguier (travaux en 1753), les quais de Lorient, Saint-Brieuc, Granville et Rouen, le port du Légué,  celui de port de Boulogne.

Les bordures de trottoirs et  les pavés de Paris, Bordeaux, Lille, Rouen, Cherbourg, Le Havre, BayonneDijon … les pavés du Nord

NB – Cette énumération n’est pas exhaustive ! Il y a tant de réalisations en granite de l’île-Grande.

En 1740, la pierre de taille du fort de l’île aux Moines aux Sept Îles vient du district de l’île-Grande : Morvil et Keralies (car celle qui pouvait être extraite sur place posait problème : manque d’homogénéité, trop de fissures, trop dure).

En 1853, c’est encore la pierre de taille de l’île-Grande qui est utilisée pour l’érection de la Tour carrée du Phare de l’île aux Moines (Sept îles) (Chauris, 1996)

En 1837, Phare des Héaux de Bréhat « Toute la construction avait été exécutée en granite homogène, d’un  grain  fin et serré, d’une  teinte  bleuâtre, extrait de la carrière de l’île Morvil près de l’île-Grande. Le reste de la  maçonnerie,  en moellons, provenait de l’île de Bréhat.

En  1910, la pierre de l’île-Grande est exclusivement utilisée pour les soubassements de la nouvelle église de  Paimpol.

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