Pourquoi le granit île-grandais

Ils ont longtemps préféré

LE GRANIT DE L’ÎLE-GRANDE

ET SON ARCHIPEL !

En voyant le superbe massif granitique de Ploumanac’h, on se prend à rêver à la côte rocheuse d’Enez Veur avant l’extraction intensive.

MAIS POURQUOI DONC L’ÎLE-GRANDE ?

QU’EST-CE QUI A MOTIVÉ CARRIERS ET  BÂTISSEURS

À  PRÉFÉRER  SON GRANIT(e) ?

 

  1.  L’importance du gisement de granit : celui du littoral de l’île grande et de ses nombreux îlots inhabités (les contraintes sociologiques étaient quasi-inexistantes) ;

2. La facilité d’extraction : Sur l’estran, la roche est à l’air libre. L’effet des marées l’a débarrassée de son « perré » (arène granitique).  L’extraction peut ainsi rapidement commencer.  Sur l’île et les îlots, les roches sont à fleur de terre ;

3. Le grand nombre de mouillages* possibles car l’amplitude des marées est importante  ;* même si l’endroit est périlleux, les bateaux peuvent s’approcher de la côte pour charger les pierres

4.  La diversité des couleurs de ses roches : la palette de couleurs offre des teintes du blanc au gris, au bleuté, au bistre.

5. La qualité de la roche : homogénéité, résistance à l’écrasement, façonnable aisément : elle est utilisée en pierre de taille car la pierre est sans défaut ;

6.  L’existence de diaclases tantôt rapprochées (permettant d’obtenir de petits blocs), tantôt horizontales et suffisamment espacées (pour l’exploitation en gradins de blocs importants). Les fissures ne sont pas toujours visibles à l’œil nu mais les carriers, intuitivement, les devinent.

7. Le coût du transport de la pierre par voie maritime est, pendant des années, moins élevé que par la route.

Cela changera par la suite

et causera le déclin des carrières île-grandaises…

Depuis l’allée couverte de l’Île-Grande, quarante siècles d’exploitation du granite se sont écoulés.

À partir du XIIème siècle, les édifices religieux sont construits en granite. Les pierres  sont transportées par mer (Bricks, goélettes, gabares). Mais la navigation autour de l’île-Grande est périlleuse en raison des nombreux écueils.

En 1895 à la demande d’Alexandre Godel, un pont relie l’île à la terre.

Il faut attendre 1907 pour qu’un quai d’embarquement soit  construit à Saint Sauveur (par les carriers) et permette l’embarquement des blocs de granit, sur bateau.  Peu à peu les îles en sont pourvues.

Après la seconde guerre mondiale, un changement considérable s’opère dans la construction, la voirie et  les grands  travaux  routiers :

  • Le béton armé, le parpaing l’emportent sur la maçonnerie en pierre.
  • L’asphalte recouvre les pavés ; si  ceux-ci reviennent  peu à peu recouvrir les rues piétonnes, ils sont importés de l’étranger en raison de leur coût beaucoup moins élevé
  • Les bordures des trottoirs sont aujourd’hui en béton moulé !
  • Le granit, élément de décoration (éviers, tables de travail, cheminées, bancs,  est importé.

Le déclin des ventes de granit,  la concurrence, les normes de sécurité et d’environnement (contraintes d’urbanisme, de  protection de la nature…), les avancées sociales en matière de salaire,  de congés entravent grandement la capacité d’investissement des patrons carriers en matériel d’extraction de la pierre (la mécanisation a continué de progresser et les techniques se sont modernisées).

En  1989, l’activité d’exploitation du  granit cesse à l’Ile Grande (une seule exception sur l´île Agathon où elle continue encore peu  de temps).

C’est  en 1990 que ferme la carrière Roïc, dernière carrière de l’Ile Grande.

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