Archives de catégorie : Patrimoine naturel

Paysages, espèces végétales et animales de l’île

Comment interpréter “Kastell”

Rien qu’en se limitant à une zone comprise entre Ploumanac’h et Trébeurden, plusieurs « Kastell » (voire « château ») désignent des falaises rocheuses.

« Ce terme, qui signifie littéralement Château  désigne le plus souvent des rochers escarpés ruiniformes, des falaises abruptes (qui ont été volontiers utilisés, dans la préhistoire, pour asseoir des fortifications faciles à défendre). Source : Toponymes nautiques en Basse-Bretagne (H. Dyèvre) – In Annales de Bretagne. Tome 65, numéro 4, 1958

La population littorale y accourait en cas d’alerte.

Des traces d’habitats perchés sur des pitons rocheux ont été retrouvées en plusieurs points du littoral trégorrois comme au Château du Diable, près de Pors-Rolland, à Ploumanac’h. Source : P.R. GIOT – Chronique de Préhistoire et de protohistoire des C-d-N. – Société d’émulation des Côtes du Nord 1949

Ces habitants ont laissé des « souvenirs » dans la toponymie et il semble que les lieux-dits « Kastell», pourraient désigner l’emplacement d’anciens « castella » (camps fortifiés sur les promontoires). Source : BERNIER – Mem. Soc. Polym. Morbihan (1955-56) en C.R. dans les Annales de Bretagne (1959)

Kastell : reste de fortification gallo-romaine ou préhistorique –  Castellum le mot latin pour un “château, lieu défensif, poste militaire”.   Source “site “Grand terrier”

« L’utilisation du relief est sans aucun doute le facteur primordial d’implantation des sites fortifiés. Ils sont majoritairement situés sur des éperons ou sur des promontoires délimités soit par l’océan, soit par la confluence de deux ruisseaux ou de deux rivières ou bien sont implantés sur des rebords de sommets de collines ou de plateaux… » Sources : Les enceintes fortifiées de l’âge du fer dans le FinistèreP. MAGUER 1994

À l’île-Grande, Kastell Erek et Kastell Vran pourraient être de ces anciens camps mais ces caps ont été tellement travaillés par les carriers depuis plus d’un siècle qu’il est impensable d’espérer y retrouver des traces de ces habitations gauloises.

Il est évident qu’en l’absence de preuves, il n’est pas possible de démontrer que ces lieux aient pu être des sites fortifiés de l’âge du Fer. Ce ne sont que des hypothèses.

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Souvenirs de tempêtes

Ici, sur l’île, à chaque annonce de coup de vent, de tempête,

les uns s’empressent de vérifier les amarres de leur bateau,

les autres attendent impatiemment d’affronter les éléments en arpentant le sentier des douaniers pour admirer le fantastique spectacle de la mer déchaînée.

Si vous avez cliqué sur le diaporama, il vous faudra appuyer sur “Echap” pour en sortir.

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Farces de météo à Enez Veur

Quelle que soit la date, quel que soit le moment de la journée, le promeneur découvre sur l’île un paysage nouveau…

Toutefois, la météo nous réserve parfois des surprises…

Cliquez sur les liens ci-dessous

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La tempête Ophelia

2017

Les caprices d’Ophelia

Ce lundi 16 octobre 2017, la radio nous annonce que l’ouragan ‘”Ophelia” a dévié sa trajectoire. Il a heureusement perdu ses caractéristiques tropicales mais

une étrange atmosphère envahit l’île-Grande…

En début de matinée, il règne une douceur surprenante pour la saison.

Aux alentours de 8 h 15 le ciel devient peu à peu opaque.

Le vent se lève…    (cliquez sur la miniature de gauche)

Une odeur de brûlé s’installe…

“À l’avant d’Ophelia, un flux de sud souffle depuis quelques heures et ramène les fumées des incendies au Portugal et le sable du Sahara“, expliqué H. Le Cam, responsable régional de Météo France.

Dans son sillage, la tempête amène des rafales de vent de l’ordre de 80 km/h et surtout une grosse houle de 6 mètres de creux… à la pointe bretonne.

Sur l’île, des nuages ocres de sable et de fumée investissent le ciel.

Le soleil tente désespérément de réapparaître… Il forme un disque rouge plus ou moins perceptible.

1987…

La Bretagne a été touchée par un ouragan dans la nuit du 15 au 16 octobre 1987, avec des rafales dépassant les 200 km/h et des vagues de 14 mètres.

Voir l’article du Télégramme “La Bretagne dévastée”

Une autre farce de la météo

L’île-Grande sous un manteau de neige…

c’est la surprise de début 2018

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Les granit(e)s de l’île-Grande

L’île-Grande et ses îlots présentent des granites aux couleurs et à l’aspect différent.

GRANITE BLEU, BLANC ou GRIS

Le cœur du massif granitique de l’île-Grande se compose de granites à grain fin, de couleur claire (gris, blancs, bleutés) appelés “granites gris de l’île-Grande

blanc, bleu, 1 mica

A l’Ouest et au Nord de l’Île Grande : granite gris-blanc à grain relativement fin, particulièrement riche en muscovite qui voisine avec un autre mica, la biotite. Ce granite gris clair à deux micas est qualifié de leucogranite.

biotite et muscovite expli
De nombreux blocs de granite à deux micas, de toutes dimensions, jonchent l’estran. L’érosion marine les a modelés en énormes galets (beaux galets blancs non loin du mur de la carrière de Kastell-Erek).

galets blancs

A l’Ouest, à quelques centaines de mètres de la maison de la LPO, l’ancienne carrière de Kastell-Erek, derrière l’épais mur*, granite gris-bleuté à un seul mica, la biotite.

*Le contact entre les deux granites de l’Île Grande peut s’observer à marée basse sur la surface plane rocheuse (platier rocheux) en contre-bas du mur de la carrière de Castel Erek.

Carrière de Kastell Erek : granites bleu et gris,
Carrière Brinterc’h : granite bleu,
Carrière (Roïc) (proche de l’Allée Couverte) : granite bleu,
Kastell Enez Vran (Le corbeau) : granite bleu à mica noir ou gris
Toul ar Staon : granite très riche en mica blanc ainsi qu’à la Pointe de Kastell Erek
Cependant, en partie haute, ce granite a une teinte jaune due à l’altération, alors que les blocs extraits plus bas sont parfaitement blancs.
Îles de l’est : Ile Morvil granite bleu…

GRANITE DU GRIS AU ROSE

Les îles de l’ouest  : Agathon : Granite type Canton (ou Agathon) : grain assez fin, couleurs allant de gris à rose dit ” granite à grain moyen intermédiaire “.

Type canton

 

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Pourquoi le granit île-grandais

Ils ont longtemps préféré

LE GRANIT DE L’ÎLE-GRANDE

ET SON ARCHIPEL !

En voyant le superbe massif granitique de Ploumanac’h, on se prend à rêver à la côte rocheuse d’Enez Veur avant l’extraction intensive.

MAIS POURQUOI DONC L’ÎLE-GRANDE ?

QU’EST-CE QUI A MOTIVÉ CARRIERS ET  BÂTISSEURS

À  PRÉFÉRER  SON GRANIT(e) ?

 

  1.  L’importance du gisement de granit : celui du littoral de l’île grande et de ses nombreux îlots inhabités (les contraintes sociologiques étaient quasi-inexistantes) ;

2. La facilité d’extraction : Sur l’estran, la roche est à l’air libre. L’effet des marées l’a débarrassée de son « perré » (arène granitique).  L’extraction peut ainsi rapidement commencer.  Sur l’île et les îlots, les roches sont à fleur de terre ;

3. Le grand nombre de mouillages* possibles car l’amplitude des marées est importante  ;* même si l’endroit est périlleux, les bateaux peuvent s’approcher de la côte pour charger les pierres

4.  La diversité des couleurs de ses roches : la palette de couleurs offre des teintes du blanc au gris, au bleuté, au bistre.

5. La qualité de la roche : homogénéité, résistance à l’écrasement, façonnable aisément : elle est utilisée en pierre de taille car la pierre est sans défaut ;

6.  L’existence de diaclases tantôt rapprochées (permettant d’obtenir de petits blocs), tantôt horizontales et suffisamment espacées (pour l’exploitation en gradins de blocs importants). Les fissures ne sont pas toujours visibles à l’œil nu mais les carriers, intuitivement, les devinent.

7. Le coût du transport de la pierre par voie maritime est, pendant des années, moins élevé que par la route.

Cela changera par la suite

et causera le déclin des carrières île-grandaises…

Depuis l’allée couverte de l’Île-Grande, quarante siècles d’exploitation du granite se sont écoulés.

À partir du XIIème siècle, les édifices religieux sont construits en granite. Les pierres  sont transportées par mer (Bricks, goélettes, gabares). Mais la navigation autour de l’île-Grande est périlleuse en raison des nombreux écueils.

En 1891 à la demande d’Alexandre GODEL, un pont relie l’île à la terre.

Il faut attendre 1907 pour qu’un quai d’embarquement soit  construit à Saint Sauveur (par les carriers) et permette l’embarquement des blocs de granit, sur bateau.  Peu à peu les îles en sont pourvues.

Après la seconde guerre mondiale, un changement considérable s’opère dans la construction, la voirie et  les grands  travaux  routiers :

  • Le béton armé, le parpaing l’emportent sur la maçonnerie en pierre.
  • L’asphalte recouvre les pavés ; si  ceux-ci reviennent  peu à peu recouvrir les rues piétonnes, ils sont importés de l’étranger en raison de leur coût beaucoup moins élevé
  • Les bordures des trottoirs sont aujourd’hui en béton moulé !
  • Le granit, élément de décoration (éviers, tables de travail, cheminées, bancs,  est importé.

Le déclin des ventes de granit,  la concurrence, les normes de sécurité et d’environnement (contraintes d’urbanisme, de  protection de la nature…), les avancées sociales en matière de salaire,  de congés entravent grandement la capacité d’investissement des patrons carriers en matériel d’extraction de la pierre (la mécanisation a continué de progresser et les techniques se sont modernisées).

En  1989, l’activité d’exploitation du  granit cesse à l’Ile Grande (une seule exception sur l´île Agathon où elle continue encore peu  de temps).

C’est  en 1990 que ferme la carrière Roïc, dernière carrière de l’Ile Grande.